Chez Saturnin anciennement amis bigourdans de la poésie naïve

De tout et de rien et surtout de rien. Mais c'est tojours bien.

23 février 2009

Effacer l'ardoise ?

Chez Saturnin, on n’efface pas l’ardoise. Ce qui est dû est dû et ce qui est dit est dit.

« Rancune : Une maladie qui ne pardonne pas ». Guy Bouzoune

La rancune c'est une colère qui contient un désir de vengeance. Dans certains cas, ce dernier est très vif. La rancune s'apparente à la révolte par la part d'indignation qui la sous-tend. Mais elle n'atteint jamais l'intensité que la révolte peut atteindre. Par ailleurs, la rancune s'applique toujours à des personnes, alors que la révolte peut aussi viser des événements ou même des entités abstraites.
La rancune est une colère "stabilisée", même si elle peut être ravivée et augmenter en intensité si nous évoquons les événements qui en sont la source. De plus, la colère est installée pour demeurer. En effet, nous tenons à conserver notre rancune parce que c'est la seule façon qui nous reste (et que j’apprécie) de ne pas baisser la tête, de refuser ce qui s'est passé. La rancune est en effet alimentée par le caractère inacceptable ou intolérable de son origine.
Il nous semble alors que la vengeance rétablirait quelque peu l'équilibre. Si le responsable pouvait payer (et il a intérêt à le faire) pour le tort qu'il a causé, il y aurait au moins un semblant de justice. Mais l'équilibre reste inatteignable car, à nos yeux, le geste est irréparable. C'est ainsi que nous tentons de faire payer et que nous souhaitons qu'il lui arrive malheur.
Mais typiquement, nous n'agissons pas de façon à nous venger réellement (moi, si). Dans certains cas, parce que c'est impossible. Dans d'autres cas, comme chez l'individu rancunier, c'est parce que nous refusons d'exprimer clairement cette colère (ne parles pas aux cons, ça les instruit). C'est justement ce que la vengeance nous obligerait à faire. La rancune se caractérise donc aussi par l'absence de contact expressif direct avec celui qui est l'objet de la colère. Les personnes rancunières, par exemple, choisissent souvent de punir en boudant ou en ignorant avec mépris.
Si la rancune est tenace, c'est aussi parce que nous jugeons que la blessure ou le tort subi aurait pu être évité. L'acte du responsable n'était pas inexorable, comme les situations révoltantes peuvent parfois l'être (par exemple la mort, la maladie). Au contraire, il s'agit d'un choix.

Alors comme l’a dit le philosophe bigourdan Ernest Poueydebat : « chez Saturnin on est bien, mais le bougre n’oublie rien » !ardoise

Posté par saturnindebag à 17:41 - La vie en société - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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